Plateforme...mon premier Houellebecq

Publié le par Grégory

On a tellement parlé de Michel Houellebecq ces derniers jours, alors lorsque je suis tombé sur Plateforme dans mon carrefour préféré, j’ai naturellement voulu essayer. A priori je pensais que Michel Houellebecq était un écrivain « scolaire », chiant et compliqué. Et bien pas du tout, c’est tout le contraire ! Pas mal de sexe mais ça reste poétique et fin. Du politiquement incorrect à toutes les pages…Je suis conquis, l’écriture est vraiment très agréable. Un vrai talent. Il m’aura permis de m’évader et d’oublier un peu le stress de cette rentrée.

 
L’histoire.

Le personnage principal est Michel, la quarantaine, fonctionnaire à la culture, célibataire, fidèle de Question pour un champion, habitué des peep-shows de Pigalle.

Le roman commence par la mort de son père, tué par le frère de sa maîtresse, une jeune arabe. Première provoc à propos du geste du frère : « c’est vrai, dans l’ensemble, les musulmans c’est pas terrible… ».

Après cet évènement, il s’offre un circuit touristique en Thaïlande, au cours duquel il fréquente les salons de massages et des bars à putes thaï. Le thème du roman est lancé : le tourisme sexuel. Michel ne s’en cache pas et voilà ce qu’il pense des auteurs du Guide du routard, qui dénonce le tourisme sexuel : « des connards humanitaires protestants », « des grincheux ».

Il  rencontre aussi Valérie, une jeune parisienne de 28 ans. Il la trouve attirante mais ne sait franchement pas si prendre…A propos de Valérie : « elle devait avoir une bouche bien chaude, prompte à avaler le sperme d’un ami véritable. »

Ce n’est que de retour à Paris qu’une belle histoire d’amour (et de sexe) va débuter entre eux deux. Le tourisme sexuel reste omniprésent puisque Valérie travaille dans le tourisme, à un poste important, et doit relever une chaîne de clubs de vacances déficitaire du groupe Aurore. C’est Michel qui va suggérer à Valérie une nouvelle formule : « propose un club où les gens puissent baiser », des clubs bordels. Cette formule connaîtra un beau succès mais aussi une fin terrible…

 
Quelques extraits pour vous faire une idée:

A propos de l'islam :

« L’islam était condamné, dès qu’on y réflechissait cela paraissait une évidence

Michel relate les propos d'un égyptien rencontré lors d'un voyage :

« vous savez comment j’appelle les musulmans ? Les minables du sahara » et plus loin « jamais, tant qu’il existera, la concorde ne pourra régner sur le monde ».

 

Du sexe...soft :

« le cul de la petite noire ondulait à mesure qu’elle se penchait et se relevait sur le pubis de Valérie. Je la pénétrai d’un seul coup, sa chatte était ouverte comme un fruit. »

 

Politique, le roman est sorti en 2001 donc avant les dernières présidentielles :

« Il paraissait peu vraisemblable, de toute façon, que les Français votent à nouveau pour Jacques Chirac : il avait vraiment l’air trop con, ça en devenait une atteinte à l’image du pays »

 

En vrac...quelques beaux passages.

« L’absence d’envie de vivre, hélas, ne suffit pas pour avoir envie de mourir. »

« après tout, un enfant c’était comme un petit animal, avec il est vrai des tendances méchantes ; disons, c’était un peu comme un petit singe. »

« tout peut arriver dans la vie, et surtout rien »

En lisant le livre, je me demandais :

1) C’est un roman. Mais les idées, les thèses développées dans ce roman sont-elles celles de Michel Houellebecq, ou finalement est-ce de la fiction à 100% ? Houellebecq fait-il l'apologie du tourisme sexuel ou est-ce une manière de le dénoncer ?

2) Notre monde ne tourne-t-il qu’autour du sexe ? Ne vivons-nous que pour ça ? Ne recherchons-nous que cela ? En tout cas on ne peut pas nier que le sexe est omniprésent dans nos vies...et une dernière citation : "s'il n'y avait pas, de temps à autre, un peu de sexe, en quoi consisterait la vie ?"

Publié dans mon humble avis

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vk 14/03/2006 09:56

A propos de l'Islam, voir la déposition de Fernando Arrabal au procès Houellebecq accusé de blasphème envers l'Islam. Un morceau d'anthologie sur :
http://www.pileface.com/sollers/article.php3?id_article=139
 

carine 09/10/2005 09:52

le mot qui me vient à l'esprit à propos de Houellebecq n'est aps écrire. mais s'il a tant de succès c'est qu'il doit être un écrivant génial( à moins que le public ne soit complètement ... complètement quoi ? ... je préfère me taire )

greg 21/09/2005 17:14

@amelichan > je n'ai pas encore lu le nouveau nothomb mais selon beigbeder c'est bien...enfin tu as sûrement entendu ça. En ce qui concerne sa provoc : tu as p-ê raison mais disons que je ne suis pas habitué à ce style de roman. Même si c'est ringard, c'est tout de même très différent de tout ce que j'ai pu lire jusque ici (nothomb, levy, russo...). J'ai trouvé qu'avec l'islam il y va fort, ça surprend, on ne lit pas ça fréquemment, faut oser. Houellebecq m'a aussi fait pensé à Bukowski.

@ouafdson > disons que je trouvais son écriture très fluide donc je suis assez tenté par un autre houellebecq malgré ce que tu dis...qui est très intéressant par ailleurs.

ouafdson 21/09/2005 11:08

Ah Houellebecq, drôle de personnage, on se demande on s'arrête la réalité et où commence la fiction...

Ce que je dirais c'est que quand on en à lu un, pas besoin de lire les autres à moins d'être grand fan, car les sujets sont les mêmes, j'avais lu Lanzarote, un receuil de nouvelles, et vu les résumés qu'on me fait de ses autres écrits, c'est toujours le sexe en vacances qui revient! Vous me direz que c'est le cas chez tous les auteurs, quand on à lu un Werber ou un Agatha Christie c'est pareil, mais viennent ensuite les gouts et les couleurs de chacun!
Ecrivain provocateur oui, quel est son but, je ne sais pas, en tout cas on en parle et il surprend, pour ne pas dire qu'il choque une certaine frange de lecteurs BCBG.
Je pense avant tout qu'il se fait plaisir, et que c'est inspiré de sa vie, peut-être que ça lui sert d'analyse...

amelichan 21/09/2005 00:04

faudrait expliquer a M. houellebecq que bite, chatte, couille, et musulman c'est plus trop provoc aujourd'hui, mais limite ringard

pour ma part, je trouve le nouveau bouquin d'amélie nothomb, où elle fait une légère comparaison entre la télé-réalité et les camps de concentration, beaucoup plus osé d'un point de vue sociologique..

qq'1 a lu les 2 bouquins et pourrait me dire lequel des 2 vaut plus le coup?